À l'innocente jeunesse

Publié le par Mathilde A Garcia

À l'innocente jeunesse

Souris, petite fille, avant que le monde ne te tire des larmes,

Et que la noirceur des ombres ne prenne place dans ton petit coeur.

Avant que des hurlements de haine ne sèment en toi la rancoeur

D’une souffrance cosmique, trop lourde pour tes faibles armes.

Petite, avant que tes cauchemars n’affûtent tes couteaux,

Et que l’amertume n’empoisonne subtilement tes dagues

Quand des belles alliances en seront brisés les bagues;

Profite encore des douces lunes, voilées de miel, sur ton beau bateau.

Fillette, avant que la tempête ne fasse de ton navire une épave,

Et que le ciel reposant, ne disparaisse bientôt sous de sombres nuages,

Que ta colère ne te brise d’un éclair, quand naîtra plus violent des orages;

Savoure, sur ta peau de pêche, la douce chaleur du soleil juvénile, quand rien encore ne l’entrave.

Ah! Belle enfant! Quand finalement l’usure aura déformé ton visage,

Que tu porteras la grossièreté de tes blessures, parfois fraîchement cicatrisées;

Tu contempleras les rides qui durement se creusent, rendre ton reflet vilainement défiguré,

Et tu oublieras les traits de ta beauté fragile, encore intacte, de ton jeune âge.

Publié dans littérature, poésie

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