Emily

Publié le par Mathilde A Garcia

Emily

La nuit tombait peu à peu et le jour, se plongeant dans l'obscurité nocturne, laissait place à une douce froideur. Je restais là, nonchalante, allongée sur l'herbe légèrement humide du parc, contemplant les quelques rares étoiles visibles, cigarette à la main. Que cet instant était agréable! Et alors que savourais cet éphémère quiétude qui s'offrait à moi, j'entamais l'observation des mouvements des feuilles guidés par la brise continue, l'amplitude des branches souples dont la courbure s'adapte aux variations de l'intensité du vent. Elles devenaient progressivement des ombres dansantes, ondulant de leurs couleurs de plus en plus assombries, et je me laissais bercer par le bruit du léger crissement des feuilles s'entrechoquant entre elles.

Je m'abandonnais peu à peu à cette atmosphère paisible et laissais la fraîcheur du vent piqueter mes joues déjà légèrement rosies. Il ne faisait pas très froid pour un mois de novembre et la température bien qu'un peu fraîche restait tout de même assez estivale. Mes jambes étaient légèrement engourdis et je sentais quelques fourmillement dans mes doigts. Je redressai mon dos et m'assis tout en étirant les membres de mon corps. Mes doigts sentaient la douce chaleur de la cigarette en main et je détournai mon regard vers ce petit tube à l'extrémité cendrée parsemé de petites taches rougeâtre, orangé. Instinctivement, je posai alors lentement la cigarette sur mes lèvres et en inhalai la fumée descendant délicatement dans ma gorge, puis, se mêlant à mon souffle, je la laissai s'échapper. Mes yeux suivirent cette émanation grisâtre dansante qui s'étalait devant eux, et je la regardai se disperser au fur et à mesure qu'elle s'élevait, tout en suivant la trajectoire du vent. Quelques cendres se décrochèrent de la cigarette qui se répandirent et se dissimulèrent dans l'herbe.

Je repensais à elle, songeuse. Emily, Ah belle Emily… Quel doux nom que celui d’Emily. Il me revenait sans cesse, tel le refrain entêtant d’une curieuse mélodie.

J’avais cet agréable souvenir, de ses lèvres frôlant les miennes, de son souffle dans mon cou, de ses doigts effleurant mes joues rougissantes.

Agréable, quel euphémisme que voilà! Elle était tellement enivrante quand elle se déhanchait de sa folle nonchalance, vêtue d’un simple t-shirt dans lequel elle y nageait légèrement et qui laissait vaguement apparaître sa petite culotte de dentelle noire sur ses jolies petites fesses rebondis. Comment oublier la délicieuse candeur de son sourire lorsque ses jolis yeux noisette croisaient mon regard, subjuguée par ses courbes longilignes, éclairées par la douce lumière matinale qui se reflétait sur ses cheveux sombres, presque noirs, harmonieusement ébouriffés,qui s’arrêtaient au niveau de ses épaules.

Ah! Ce que j’eus aimé caresser sa délicate peau laiteuse du bout de mes doigts et respirer à en perde haleine son odeur entremêlé à un exquis parfum de vanille qui m'envoûtait.

Je sentais en moi s’éveiller un désir d’elle de plus en plus intense, au fur et à mesure que ce souvenir défilait dans mon esprit.

Oh! Cette fille m'obsédait, je ne savais quel charme elle avait bien pu me jeter, divine ensorceleuse entourée de mystère. Oh Emily! Quelle étrange fille était-elle? Elle m'attirait comme jamais je ne le fût, elle et sa douce folie. C'était drôle, comme si elle venait d’un autre monde,un monde merveilleux et qui m’était totalement inconnu. Tout cela paraissait tellement irréel.

Tout ceci me laissai perplexe, jamais il ne m’étais encore venu à l’esprit qu’un jour je puisse être attirée par une fille, encore moins à ce point là. N'étais-je pas censée ressentir ce genre de chose pour les hommes moi? Mais je n’avais pas envie d’un homme, c’était d’Emily dont j’avais envie, d’Emily, juste d’Emily et uniquement d’elle. Oui, seulement Emily était une fille, tout comme moi d'ailleurs! Tout ceci me plongeait dans une incompréhension la plus totale. Mais peu importe ,Emily, elle n'était pas n'importe quelle fille...



A SUIVRE

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